La
sécurité négligée
pour raisons économiques : Les
visites de transit, c'est-à-dire les contrôles
techniques opérés pendant l'heure
de transit, entre 2 rotations d'un avion. Avant,
pour tout avion qui se posait en France, un mécanicien
au sol appartenant à Air France ou aux
entreprises sous-traitantes, venait faire une
visite d'inspection générale de
l'appareil d'une demi-heure au minimum. Au début
des années 90, cette visite a été
supprimée pour faire des économies,
et ce sont les pilotes qui se charegnt de faire
le tour de leur avion !
Les grandes compagnies
sont-elles plus sûres que les petites ?
Oui, disent les statistiques. Les 20
plus grandes compagnies
du monde assurent 60% du trafic, mais subissent
seulement 20% des accidents. Ce sont donc les
autres, les petites compagnies,
notamment de charters, qui sont les plus exposées.
L’exemple de l’Airbus d’Air
France à Toronto montre que même
une grande compagnie peut connaître un incident.
Mais grâce à un bon entraînement
de l’équipage et une bonne maintenance
de l’appareil, tout le monde a pu être
évacué.
La déréglementation du transport
aérien a favorisé la concurrence,
la baisse des prix pour le consommateur.
Les trois dernières catastrophes impliquent
des avions appartenant
à de petites compagnies,
pratiquement inconnues des professionnels que
nous avons interrogés. Et confrontées
au manque de moyens, de compétence, aux
difficultés financières, certaines
de ces compagnies
finissent par faire n’importe quoi. La maintenance
des avions représente
environ 12% des dépenses.
Les vols charters sont-ils plus dangereux
que les vols réguliers ? Un charter,
c’est un avion
qui n’assure pas une ligne régulière
pour le compte d’une compagnie
aérienne. Les «low cost», compagnies
qui vendent leurs vols sur internet, entrent dans
les vols réguliers. Un vol charter est
un vol ponctuel, vers une destination touristique
pour le compte d’un tour-opérateur
ou vers un événement, sportif, religieux
ou autre. Il n’est achetable que chez son
promoteur. Plutôt que d’opposer les
charters aux vols réguliers, il vaudrait
mieux se préoccuper de la nature sérieuse
ou pas du pays d’origine du vol. Et puis
un vol charter peut être assuré par
une grande compagnie.
Le Bureau d’Archives des Accidents aéronautiques
(BAAA) de Genève a publié en mai
2004 une étude qui démontre le moindre
degré de sécurité
des vols charters. En se fondant sur les distances
parcourues en moyenne sur un vol régulier
et sur un vol non régulier, le BAAA estime
que «les vols charters représentent
un potentiel de risque 17 fois plus élevé
que les vols de ligne et que les décès
sont 2,74 fois plus élevés sur les
vols charters que sur les vols réguliers».
Mais l’étude du BAAA montre aussi
qu’en Europe les vols charters peuvent être
considérés comme aussi sûrs
que les vols de ligne. Seuls 24 accidents en vols
charters, sur un total de 307, concernaient des
appareils immatriculés en Europe. D’autres
chiffres indiquent qu’en matière
de sécurité aérienne aussi
la vraie fracture sépare les pays du Nord
et ceux du Sud. Sur les dix dernières années,
le taux d’accidents mortels pour 1 million
de départs sur des vols publics est 6 fois
moins élevé aux Etats-Unis et en
Europe qu’en Afrique et 3 fois moins qu’en
Amérique latine et aux Caraïbes.
Peut-on affréter en France une
compagnie sans
avoir la certitude qu’elle est irréprochable
? Malheureusement, on est obligé
de répondre oui ! Quand une compagnie aérienne
affrète une autre compagnie
aérienne, par exemple pour remplacer pendant
une escale sur une ligne régulière
un avion en panne, cette dernière doit
répondre à des critères bien
particuliers. Pour un affrètement ponctuel,
à cause d’un aléa d’exploitation
ou d’un événement imprévisible,
la compagnie dépose
une liste, auprès de la DGAC, de compagnies
qu’elle est susceptible d’utiliser.
Elle est constituée essentiellement de
compagnies qui
ont l’agrément européen. On
y trouve également des compagnies
majors américaines et des compagnies
majors japonaises. Autrement dit Air France, pour
ses propres besoins, n’aurait pu affréter
ni le Boeing de Flash Airlines ni le McDonnell
Douglas de la West Caribbean. Mais pour les tour-opérateurs
les conditions sont moins draconiennes. Quand
un tour-opérateur affrète une compagnie,
il n’a pas de critères techniques
à respecter.
En août 2005, quatre compagnies
sont interdites de vol en France. Air Koryo (Corée
du Nord), Air Saint Thomas (Etats-Unis), International
Air Service (Liberia) et Air Mozambique. Mais
cela ne les empêche pas d’aller voler
ailleurs. Le cas de la compagnie
turque OnurAir le montre. Interdite d’abord
en avril dernier aux Pays-Bas, puis en Allemagne,
en Suisse et en France, OnurAir s’est rabattue
sur la Belgique.
Il arrive que la raison diplomatique l’emporte
sur toute autre considération. L’aéroport
Charles-de-Gaulle dessert 150 destinations en
vols réguliers. Les relations aériennes
bilatérales entre la France et des pays
tiers font que la France accueille en vol régulier
des compagnies
aériennes dont on pourrait se demander
si elles devraient être autorisées.
La réputation de Soudan
Airways n’est pas des meilleures et
les statistiques ne plaident pas en sa faveur.
Pourtant deux fois par semaine un vol de la Soudan
Airways se pose à Roissy en provenance
de Khartoum...
L'avion MD-82 de la West Caribbean qui s'est
écrasé au Vénézuela
le 16 août 2005 a été contrôlé
2 fois par les équipes de la Direction
générale française de l'aviation
civile (DGAC, en mai et juillet sans qu'elle constate
de problèmes majeurs. Pourtant, cette compagnie
s'est vu infliger une amende de 46 000 $
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